DOSSIER DE CANDIDATURE · BORÉART 2027
ARTS HUMIAMC — ATELIER D’AUTEURE
LE POISSON N’EST JAMAIS
TOUT À FAIT LÀ
Six fragments d’un passage
Du Carré d’auteur à l’élan du poisson-volant
SONIA FOURNIER, Ph. D.
Artiste · chercheuse · auteure | Rimouski, Québec
Peindre, c’est laisser apparaître ce qui ne se donne jamais tout à fait.
Le littoral du Rocher-Blanc, à Rimouski, constitue un territoire d’ancrage de cette recherche. L’eau, les rochers, le vent, les végétaux, les variations de lumière et les traces rencontrées au fil des marches ne sont pas des motifs à reproduire : ils nourrissent une manière de regarder, de laisser de l’espace et de percevoir le vivant. Sans revendiquer une appartenance à la peinture nordique, je me sens en résonance avec certaines de ses sensibilités : la lumière comme matière, le silence des espaces et l’expérience sensible du territoire.

PROJET D’EXPOSITION
Le poisson n’est jamais tout à fait là
PROJET D’EXPOSITION
Le poisson n’est jamais tout à fait là
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Le poisson n’est jamais tout à fait là réunit six peintures acryliques carrées de 16 x 16 po, conçues comme les fragments d’une même présence. La série prend naissance dans l’observation du Carré d’auteur Poisson-volant d’HumIA : certains fragments de son langage plastique sont isolés, agrandis, déplacés et transformés par la peinture.
Le poisson-volant n’y apparaît jamais dans sa totalité. D’un tableau à l’autre surgissent un œil, une aile, une portion de corps, une trajectoire, une rencontre ou un départ. Le regard reconnaît des indices, construit des liens et demeure pourtant incapable de fixer définitivement l’animal.
Le poisson-volant est lui-même une figure de l’entre-deux. Il appartient à l’eau et traverse momentanément l’air; ses nageoires deviennent presque des ailes dans notre regard. La série explore cet état de passage : eau et air, présence et disparition, appartenance et déplacement, figuration et abstraction. Plutôt que d’enfermer ces tensions dans un récit, les six tableaux les mettent en mouvement.
Les blancs chauds et les crèmes forment un territoire commun. Les bleus, les gris, les noirs, les verts et les ponctuations orangées créent des reprises et des écarts d’une œuvre à l’autre. Chaque tableau demeure autonome. Réunis, les six composent moins une suite narrative qu’un sillage.
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L’Œil · L’Aile · Le Corps · Le Sillage · La Rencontre · Le Départ
Le Carré contient. La peinture déploie. Le regard relie.
LES SIX FRAGMENTS
OEuvres réalisées · acrylique, 2026 · 16 x 16 po chacune
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L’OEIL Voir avant de tracer
Acrylique, 2026 | 16 x 16 po
(40,6 x 40,6 cm)
Une forme circulaire concentre immédiatement le regard. Autour d’elle, bleus profonds, gris, blancs chauds et contours sombres émergent par fragments. L’œil ne suffit pas à identifier entièrement le poisson : il agit comme un premier signe de présence. Avant le corps, avant le mouvement, quelque chose apparaît et regarde.
L’AILE Ce qui permet le passage
Acrylique, 2026 | 16 x 16 po
(40,6 x 40,6 cm)
Une forme ample et oblique traverse l’espace sans se laisser identifier complètement. Nageoire, aile ou simple mouvement, elle introduit l’ambiguïté qui traverse toute la série : ce qui appartient à l’eau semble momentanément pouvoir rejoindre l’air. Les touches orangées ponctuent l’élan tandis que le blanc demeure un espace actif de transformation.
LE CORPS Ce qui garde les traces
Acrylique, 2026 | 16 x 16 po
(40,6 x 40,6 cm)
La présence du poisson se précise sans jamais devenir entièrement descriptive. Bleus, verts et turquoise construisent une portion de corps traversée de lignes sombres, de marques et de ponctuations colorées. Le corps devient ainsi un lieu de passage où s’accumulent les traces du mouvement, de la matière et du temps.



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LE SILLAGE Ce qui relie sans enfermer
Acrylique, 2026 | 16 x 16 po
(40,6 x 40,6 cm)
Une longue forme traverse le tableau dans un mouvement continu. Les lignes noires, bleues et grises, accompagnées de touches orangées et ocres, donnent à percevoir moins un corps qu’une trajectoire. Quelque chose est passé et demeure momentanément visible : le sillage relie les fragments sans fixer leur destination.
LA RENCONTRE Écouter sans fusionner
Acrylique, 2026 | 16 x 16 po
(40,6 x 40,6 cm)
Deux présences se font face et semblent presque se toucher. Pourtant, l’intervalle qui les sépare demeure intact. Le blanc et les tons crème deviennent ici un véritable espace entre les deux formes : lieu de tension, d’attention et de relation. La rencontre ne supprime pas la différence; elle permet à deux présences de demeurer distinctes
LE DÉPART Le sillage continue
Acrylique, 2026 | 16 x 16 po
(40,6 x 40,6 cm)
La composition s’ouvre dans un mouvement ample vers l’extérieur du cadre. Ocres, oranges, gris et lignes graphiques prolongent une forme qui pourrait être queue, aile ou simple élan. Le poisson devient de nouveau difficile à saisir : il quitte l’image au moment même où le regard croit le reconnaître. Le passage continue ailleurs.

